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Le blog des Chevaux d'Arcand

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Communiquer avec les chevaux : de quelle forme d’échange parle t’on ?

Où même de quelleS formeS d’échangeS en fait. Nous, humains, privilégions la parole, et même si le milieu de l’équitation a bien voulu intégrer (à peu près…) que la communication équine est essentiellement non verbale, les interactions inter espèces restent encore bien souvent extrêmement grossières, voire complètement floues !

Car en fait, lorsque l’on discute avec un cheval, à qui s’adresse t’on ?

Il me plait (mais c’est tout personnel) de considérer les êtres vivants comme étant triples, composés d’un corps physique palpable et délimité, d’une personnalité forgée par l’hérédité mais aussi le vécu propre à l’individu et d’une partie transpersonnelle plus abstraite pour nos civilisations occidentales : une âme.

C’est là de mon point de vus qu’il s’agit de ne pas se tromper lorsque l’on s’adresse aux chevaux car la discussion ne sera pas au même niveau, n’utilisera pas les mêmes « mots » ni la même énergie selon que l’on se retrouve en face du corps, de la personnalité ou de l’âme. Il s’agira aussi éventuellement lorsque l’on a accès aux 3 à peu près en même temps de savoir quelle partie domine sans pour autant négliger les deux autres.

Le corps :

Il arrive que l’on ait à faire qu’à lui seul. C’est normalement assez rare et c’est souhaitable car c’est dangereux ! Lorsque l’on ne peut plus s’adresser qu’au corps d’un cheval, c’est qu’il est littéralement « hors de lui », happé complètement par ses instincts primaires de peur, de fuite voire de défense si la situation est vraiment critique pour lui. C’est aussi le moment ou il peut être en totale inhibition, comme statufié, inerte.

liberte-non-codeeOn se retrouve dans ces situations un seul cas à ma connaissance : lorsque le cheval est insuffisamment préparé à la situation qu’on lui propose. Embarquements, concours, débourrages, visites du vétérinaire… toutes ces situations et tant d’autres peuvent être selon les individus cause d’un stress suffisant pour que le cerveau reptilien prenne le contrôle du cheval causant des réactions démesurées et inadaptées ou il lutte, quitte à se blesser.

Mais parce que malgré toute la bonne volonté du monde, on peut tous se retrouver un jour face à un cheval hors de lui… qu’est ce qu’on fait !

Déjà… on reste calme, vraiment calme, je parle ici du calme intérieur car si l’on part sous l’emprise d’une émotion (colère, peur, énervement…) on va surajouter du stress, donc du danger pour tout le monde et des mauvais souvenirs certains pour le cheval. Il va donc falloir rester très conscient de tous nos gestes, très conscient de tout notre environnement et très conscients de notre état intérieur et de ses variables (rythme cardiaque, rythme respiratoire, état émotionnel…).

D’autre part, on réfléchit ! Peux t’on mettre la situation plus à la portée du cheval (changer de lieu, amener un cheval calme qu’il connaît bien, changer de matériel, bref modifier ce qu’on peut pour aider le cheval à appréhender différemment la situation. Si on ne peut pas pour une raison X ou Y alors… je ne plaisante pas en écrivant cette phrase : c’est là qu’il est intéressant dans sa vie de cavalier d’avoir fait au moins une initiation à un art martial.

Car face à un corps déchaîné de plusieurs centaines de kilos, il est fort utile en plus d’avoir la faculté de rester tranquille de savoir conduire la force et non s’y opposer. Heureusement, je le répète, cette forme de communication est censée être extrêmement rare voire inexistante dans une éducation bien menée. L’éducation d’un cheval et l’art de l’équitation ne doivent jamais être une épreuve de force.

Entre la matière brute animée par l’instinct de survie et la subtilité infinie de l’âme, nous avons à faire à :

La personnalité :

C’est à elle que l’on s’adresse le plus souvent. C’est d’elle que l’on parle en général lorsque l’on dit d’un cheval qu’il est « gentil » ou autre qualificatif plus ou moins agréable d’ailleurs. Communiquer avec la personnalité d’un cheval demande de … s’y adapter ! Bon je sais, ça paraît évident dit comme ça.

equitation-a-telle-encore-sa-place-en-2016Mais je le rappelle car je vois trop peu de personnes cerner la réalité de cette partie de leur cheval. Un cheval inquiet se mettra vite dans l’excitation et se verra qualifier de « nerveux », « énergique » ou même « cabochard »et ce cheval qui a juste besoin de temps et de calme se verra faire des dizaines de tours de carrière au galop pour le « défouler » ou contraint aux rênes allemandes pour le « tenir ». Un cheval extraverti sera qualifié de « dominant » et traité avec rudesse pour le « rabaisser », les exemples sont malheureusement nombreux.

Alors donc, on prend le temps de cerner la personnalité profonde du cheval à qui l’on a à faire et on s’y adapte. Et là ça se corse car en plus, on s’y adapte chaque jour et à chaque seconde. Eh oui, les chevaux sont comme nous de ce point de vue là, ils ont des hauts et des bas, des jours ou ils ont plus le moral que d’autres, des jours ou ils se sentent mieux dans leur corps que d’autres… À nous de le percevoir pour être à chaque fois que nécessaire de bonne humeur pour 2 quand c’est un jour sans, calme pour 2 quand il y a une situation qui fait peur, énergique pour 2 quand c’est un jour mou, joyeux pour 2 quand c’est un jour mélancolique, etc.

C’est dans cette communication juste avec la personnalité que l’on peut proposer au cheval le travail d’équitation ou des soins de qualité. La communication étant ajustée et sécure pour lui, il est alors suffisamment en confiance pour expérimenter de nouvelles choses dans son corps. A nous ensuite de ne pas être seulement bon communiquant mais aussi bon cavalier ! Car si l’expérience proposée n’est pas agréable, la personnalité se ferme et on se retrouve de nouveau face à un corps luttant pour sa survie.

Les chevaux nous apprennent énormément par ces deux premiers aspects de leur être. Ils nous préparent ainsi à une expérience bien plus transcendante et spirituelle : la communication avec

L’âme :

Quand on atteint ce degré de communication, consciemment ou par hasard alors on le sait, on ne peut pas se tromper. Vous savez, ce sont ces moments où tout est juste… parfait. Ces moments de grâce divine ou juste le poids de l’intention suffit pour arrondir le cheval ou se mettre en épaule en dedans. C’est cette communication là que cherchent consciemment ou non tous les cavaliers, celle qui incarne le mythe du centaure.

rykielleC’est à la fois la plus simple (quand on est dedans) et la plus compliquée à atteindre. Tout le monde a vécu des instants de communication d’âme à âme par hasard mais instaurer ce mode de communication « volontairement » est une autre histoire ! Y avoir accès sans être dans l’illusion demande en effet un travail et une recherche conséquente : point de communication subtile sans maîtrise préalable de la voie du corps et de celle de la personnalité. Maîtrise définie comme : connaissance intellectuelle mais aussi compétence acquise par le corps.

Maîtrise du corps du cheval… connaissance et ressenti de son anatomie, sa physiologie, sa biomécanique, son énergétique… mais maîtrise également de notre propre corps.

Maîtrise de la personnalité du cheval… psychologie, cognition, hérédité, historique et ses traces… mais maîtrise également de notre propre personnalité.

C’est un travail passionnant, riche et extrêmement profond sur la connaissance de nous même et de l’autre au sens large auquel nous invite le cheval pour nous ouvrir la porte de l’infiniment subtil.

Communiquer avec un animal aussi magique qu’un cheval est une réelle chance, alors si ce texte peut vous donner quelques repères dans le quotidien avec vos chevaux, j’en serais ravie. Et si il peut aider à ce que vous vous adressiez à la « bonne partie » de votre cheval, il vous en sera reconnaissant !

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2 commentaires

  •    Répondre

    Bonjour, j’ai eu de ombreux échos très positifs de cette méthode qui permet d’obtenir des résultats surprenants d’effcicacité ! Bravo à Claire !

  •    Répondre
    Les chevaux d'arcand 11 décembre 2016 at 14 h 28 min

    Merci Tiziana 🙂 Je ne penses pas qu’on puisse parler de “méthode”, il n’y a pas grand chose de figé dans mon rapport au cheval, tout est tout le temps rediscutable. Si méthode il y a, c’est celle avec laquelle les chevaux m’expliquent qu’il n’y a pas de méthode possible 😉

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